06/10/2014

S'informer et encore s'informer sur l'autisme ! 18

 

Pour tout savoir sur l'autisme : les causes, les symptômes, les traitements, Céline et Sylvain passèrent des soirées à consulter des ouvrages traitant de cette pathologie. Ils constatèrent que les librairies et les bibliothèques ne regorgeaient pas d'études à ce sujet. L'autisme était une découverte récente, le terme datait d'une soixantaine d'années, il était apparu aux alentours de la seconde guerre mondiale. Avant cela, les personnes qui en étaient atteintes, étaient tout simplement classées dans la catégorie des débiles légers à profonds ou dans celle des schizophrènes. Jusqu'au début des années soixante, la maladie fut abordée uniquement sous un angle psychologique. D'éminents spécialistes américains prônaient une théorie qui débouchait presque toujours sur la culpabilisation des parents. Curieusement, on soignait la personne atteinte au travers de séances de psychothérapies réservées au père et à la mère qui en ressortaient presque toujours avec un profond sentiment de culpabilité. Un médecin américain se spécialisa dans ce domaine, louable intention qui déboucha rapidement sur la séparation de nombreux couples, chacun rejetant sur l'autre l'origine du problème. Certains allèrent même jusqu'à accuser les mères de ces enfants d'être tout simplement... ultra-possessives !

L'autisme est un handicap et pas une tare !

Certains chercheurs assimilèrent l'autisme à une forme de schizophrénie infantile ou à une psychose et ces théories furent combattues par d'autres qui prouvèrent que la schizophrénie commence rarement avant la puberté et que, contrairement au schizophrène, l'autiste ne déforme pas une réalité qu'il doit apprivoiser mais qu'il se trouve dans l'impossibilité de l'appréhender, il ne peut alors se construire en relation avec celle-ci.

Un autiste n'est pas capable de mensonge !

Au fil du temps, d'autres théories étaient apparues grâce à l'utilisation progressive de l'encéphalographie qui mit en lumière que l'autisme était un handicap neurologique plus profond. Les nouveaux progrès techniques permirent à l'imagerie médicale de prendre le relais et d'affiner les constatations. Celle-ci mit en évidence une organisation cérébrale différentes chez les personnes atteintes de ce syndrome. De nouvelles études débouchèrent sur d'autres thèses qui, tout en ayant le mérite d'exister, ne simplifiaient pas l'approche du problème.

La recherche médicale est faite de tâtonnements.

La littérature s'empara enfin de cette nouvelle "maladie" et on publia un tas d'articles plus ou moins sérieux sur le sujet. Céline apprit ainsi qu'une théorie situait son origine au niveau digestif. Elle suggérait que les jeunes enfants qui en étaient atteints ne parvenaient pas à assimiler certains aliments essentiels tel le gluten et la caséine et que le fonctionnement du cerveau se trouvait altéré par les résidus de ces molécules mal digérées et véhiculées par le sang ! Une autre avançait que l'autisme était l'apparition d'une perturbation du cerveau résultant de la pollution par les produits chimiques, les métaux lourds, les particules fines ou les champs électromagnétiques, de plus en plus présents dans notre environnement. Ce serait alors, au même tire que l'asbestose qui tue tant d'individus annuellement, une maladie de société. La grande vague écologique de la fin des années soixante était très probablement à l'origine de telles conclusions.

On rechercha également la cause dans un mauvais fonctionnement hormonal, un trouble du métabolisme. Chaque stade de l'évolution d'un individu résulte de mélanges chimiques qui s'effectuent au sein du corps humain. A chaque étape de la vie, les hormones régulent le fonctionnement de cette machine complexe qu'est le corps humain. Ainsi, l'hormone de croissance a-t-elle particulièrement été mise en évidence à la suite de manipulations désastreuses entreprises par des laboratoires et la perte de la dopamine semble désormais être à l'origine de l'apparition de la maladie d'Alzheimer. La conclusion de ces scientifiques était que, chez la personne autiste, ces productions hormonales ne se faisaient pas ou s'effectuaient de façon anarchique.

Des chercheurs d'une université américaine situaient le problème à l'instant même de la naissance. L'enfant ayant manqué d'air, pendant une fraction de seconde, une minime partie de son cerveau aurait été mal irriguée et quelques cellules auraient été irrémédiablement détruites. Ils pensèrent réaliser des cures dans des caissons hyperbares pour compenser ce manque d'oxygène.

Les livres de chevet s'accumulaient chez Sylvain et Céline. Ils découvrirent une autre étude qui mettait en évidence qu'une trop grande production de protéines dans les gènes pouvait être à l'origine d'un handicap associé à un retard mental. Un gène lié au chromosome X se dédoublerait et produirait alors deux protéines en concentration trop élevée. Celles-ci influenceraient  le centre de la mémoire du cerveau et empêcheraient la convenable assimilation des notions permettant de progresser ? 

Ils lurent que les mères qui avaient été victimes d'un syndrome grippal avec fièvre après la trente-sixième semaine de la grossesse encouraient deux fois plus de risques de mettre au monde un enfant autiste. Ce ne fut pas le cas de Céline !

Sylvain se demandait parfois si ces livres appartenaient au département "livres scientifiques" ou à celui de la "science-fiction" de la bibliothèque.

De nouvelles expressions apparurent , le T.E.D. (le Trouble Envahissant du Développement) ou encore l'autisme atypique. Celui-ci se différencie de l'autisme infantile par l'apparition tardive des anomalies et altérations de la personnalité, le plus souvent après l'âge de trois ans.

Après avoir consacré énormément de temps à la lecture de ces ouvrages, Sylvain et Céline ne furent pas plus avancés !

(à suivre).

T.S. octobre 2014. Toute reproduction même partielle non autorisée sans l'accord de l'auteur.

09:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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